14 juillet 2003

Le grand Bouddha de Gifu

Distributeur de ticket pour le train au JaponPas de fête nationale ici bien évidemment mais la journée s'annonce fort agréable. Première expérience, prendre le train seule afin de rejoindre C** à la gare de Gifu. Heureusement , je pars armée de quelques explications de la part de Mme A**. Billet à 180 yen, quai n°2... Pour le ticket de train, le renseignement est utile car au Japon, le système d'achat est un peu spécial. Un panneau liste les destinations avec les prix puis on choisit au guichet automatique le bouton marqué de ce même prix pour obtenir son billet. Comme dans le métro parisien, on passe ensuite son ticket dans le tourniquet.
Sur le quai, comme il n'y a que 2 voies, c'est simple. En plus, les destinations sont traduites en romaji. Je n'ai pas la "chance" de prendre le train aux heures de pointe pour voir si le personnel de la gare pousse vraiment les voyageurs dans les wagons. Non cette fois, il n'y a pas grand monde. En tous cas, j'intrigue visiblement un papy ! Le trajet est très rapide et en à peine 5 minutes, je suis arrivée à la gare de Gifu.

Cette balade, en autonomie, est encore une fois l'occasion de flâner dans les rues, de tout observer : de l'agent de police au taxi, en passant par les mères de famille, les personnes âgées mais aussi les échoppes, les alimentations, les enseignes, les écoliers... tout est une découverte.

Difficile de résister également à toutes les tentations : vaisselle, nourriture, petits souvenirs typiques...

Pour notre déjeuner, Mme A** a eu la gentillesse de nous préparer des onigiri, ces petites boulettes de riz aux différentes saveurs. C'est la première fois que j'en mange, c'est délicieux et c'est un passage obligé de la cuisine japonaise familliale !

Toujours en flânant, nous décidons d'aller voir le Grand Bouddha de Gifu (大仏 - daibutsu). Sur le chemin, arrêt à la poste (guidées par une gentille mamie, je ne le répéterai pas assez, les gens sont super gentils avec nous) mais ici, il semble vraiment dur d'acheter des cartes postales en dehors des zones touristiques. Pour le moment, je n'ai pas encore vu de cartes comme on en fait en France et celles vendues au Japon, on les trouve uniquement dans les postes. Mais bien souvent elles sont pré-timbrées... pour le Japon !

Je profite également de la balade pour me faire faire un sceau. Au Japon, contrairement à ce que je pensais, le sceau ne sert par pour signer son courrier mais pour signer des reçus à la banque et faire des démarches administratives. En France, je n'en aurai pas une grande utilité mais c'est pour le clin d'oeil. Je choisis un bâton simple car ceux en ivoire ou autre matériau précieux sont peu abordables. Pour les caractères, difficile d'écrire Emmanuelle en entier alors ce sera Emma ou plutôt Ema, composé de e (), le caratère de l'image et de ma (), celui du cheval. Finalement, ça correspond bien à mes passions ! Une autre de mes mamans m'apprendra plus tard dans mon séjour que les caractères ema (絵馬) ont un autre sens en japonais : les ema sont les ex-voto en bois que l'on trouve à l'entrée des sanctuaires.

Avant même d'arriver au grand Bouddha, nous faisons de nombreuses découvertes : de multiples temples peuplent le quartier. Ce n'est pas fort gai mais nous "visitons" un cimetierre afin de découvrir son organisation. Toutes les stèles sont droites et menues et portent le nom de famille du défunt en kanji (voir le diaporama religion).

Pas grand monde à l'horizon près du grand Bouddha, les portes sont closes... Visiblement, il ne doit pas y avoir beaucoup de touristes qui s'aventurent ici car un vieux monsieur vient spécialement pour nous ouvrir le temple et il doit courir à sa maison pour retrouver de la monnaie.

Grand Bouddha de Gifu, daibutsuMais tant mieux ! Nous avons le Grand Bouddha pour nous toutes seules ! Et cela vaut le détour. Il est majestueux, imposant, je suis abasourdie, presque écrasée car il se penche vers nous. On resterait des heures en contemplation. Le Grand Bouddha de Gifu mesure 14 mètres de haut mais ne pèse que 900 kg car sa structure est creuse. Faite de bambou, elle fut ensuite enduite de couches successives de différents matériaux : bambou ==> argile ==> papier sacré orné de sutra ==> laque ==> feuille d'or.
Ce bouddha n'est pas si vieux, il date de 1747 mais il fallut 38 ans pour le construire. Dépaysement total...

Dernière soirée chez les A**, je leur offre du thé car Mme A** a été adorable et a été un merveilleux guide. Et comme tout bon japonais, pour avoir le dernier mot en terme d'excuse ou de remerciement, Mme A** m'offre à son tour du thé ! Ah, elle va me manquer avec son sourire et son air enjoué. Et le père ose dire qu'il est triste aussi ! Pour ce qu'on s'est vus... mais ne perdons jamais le sens des convenances ! La suite

 
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