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17
juillet 2003
Petite balade dans la nature et fête
d'école...
révélations
Je commence à me faire à ma nouvelle famille
même si tout est différent de chez les
A**. C'est le charme de l'accueil en famille...
c'est chaque fois différent ! Chaque foyer est
unique, a ses propres règles, façon de
cuisiner, de concevoir le couple... Chez les S**, même
si mari et épouse passent peu de temps ensemble,
l'ambiance est détendue et le mari ne prend pas
sa femme pour une esclave à tout faire. Au contraire,
c'est même lui qui aime le plus cuisiner ! Et
contrairement à Mme A**, Mme S** fait sa vie
! Elle a fait la plupart de ses voyages à l'étranger
avec des amies et non avec son époux. Elle aime
vraiment les contacts avec l'étranger : cela
fait 15 ans qu'elle accueille des étrangers et
elle est même allée aux mariages de plusieurs
d'entre eux !
Aujourd'hui, deuxième et dernier cours d'ikebana.
Dommage car j'adore ça, c'est tellement reposant
et la prof n'est pas sur notre dos. Cette fois, la composition
est libre. Pas évident, surtout avec ces drôles
de fleurs...
Je suis chaleureusement accueillie pour le déjeuner
chez les N**, la famille de C**. Adorables mais très
soucieux et angoissés... C** et moi partons en
effet faire une petite balade dans le bois tout proche
de leur maison. Je comprends, nous sommes sous leur
responsabilité mais nous sommes tout de même
des "grandes filles" de 24 ans ! On ne coupe pas aux
maintes explications avec le plan du sentier pour qu'on
ne se perde pas...
Le déjeuner est surprenant car nous mangeons
à la fois des spaghettis bolognaises (à
la sauce japonaise, c'est-à-dire plutôt
sucrée) et des onigiri ! De quoi faire le plein
d'énergie pour grimper dans les bois. Ca monte
mais une fois en haut, la vue est superbe... et quel
calme ! Chant des oiseaux, odeur des pins... magique.
Les
N** nous emènent à la fête d'école
de leur petit-fils. Cette fête a lieu à
Inuyama, dans la préfecture voisine d'Aichi (préfecture
de la ville de Nagoya). Avant le début, nous
en profitons pour découvrir la ville. Les N**
nous emmènent dans un musée, le Dondenkan,
traitant du festival local (Inuyama Matsuri qui a lieu
en avril) lors duquel défilent de grands chars
parés d'automates. Ce festival est quasi unique
au Japon. Mais quel dommage, il faut tout faire au pas
de course car le musée ferme 30 minutes plus
tard. C'est un peu bête mais cette façon
de visiter semble correspondre au mode japonais : on
passe vite devant les oeuvres juste pour se dire qu'on
y est allé... Et oui malheureusement, ça
colle assez bien à l'image véhiculée
par les hordes de touristes japonais qui font Le Louvre
en 30 minutes avec passages obligés devant La
Joconde et autres célèbres tableaux. Pourtant,
un musée, ça se savoure, il faut prendre
le temps, flâner pour en ressentir l'émotion.
Mais "flâner" est-il un terme appartenant à
la culture japonaise ? Parfois, je me le demande...
Le pire, c'est que dans ce musée, il faut regarder
là et pas ailleurs, aller par ici, prendre telle
photo incontournable....Et ça parle dans tous
les sens, mélengeant japonais, anglais et un
chouia de français. J'ai mal au crâne et
je me sens débordée pour la première
fois de mon voyage. Je sais que tout cela part d'un
bon sentiment pour partager sa culture mais cette overdose
et ce manque de liberté propre à la culture
japonaise sont épuisants pour un occidental...
habitué à décider seul. Une fois
sortis, nous aimerions visiter les petites échoppes
de cette ville qui a su rester très traditionnelle
mais difficile de savoir si on a le temps dans un planning
si chronométrée. Nous enchaînons
avec la visite du principal temple d'Inuyama. Il est
magnifique et finalement, une fois en haut, au coeur
de la brise légère, dans la lumière,
l'effervescence s'apaise. En bas du temple, nous croisons
une équipe de base-ball d'un lycée qui
s'entraîne. J'ai mal pour eux : ils doivent grimper
les marches menant au temple en courant puis en faisant
des bonds. Dur dur l'apprentissage à la japonaise
!
Pouvoir
vivre les événements du quotidien est
une expérience magnifique. je suis ravie d'assister
à cette fête d'école maternelle,
ça me donne la sensation de vivre comme une japonaise.
Je suis noyée dans une marée de familles
japonaises, c'est amusant. Les enfants courent partout,
ils sont tous plus mignons les uns que les autres avec
leur yukata. et tout le monde éxécute
une petite danse. La fille des N** nous invite à
rejoindre le groupe... allez, c'est tellement mignon...
et de toute façon, on n'a pas le choix !
Une fois les danses terminées, nous dégustons
des dango (brochettes de mochi avec une sauce
soja sucrée) accompagnés d'une boisson
à la bouteille rigolote : une bille y est enfermée
ce qui produit un son quand on la remue. En fait, les
N** nous ont gentillement donné leurs tickets
pour que nous puissions profiter de ces délices.
Pendant que nous dégustons, ils papotent... mais
au bout d'un moment, nous comprenons qu'ils attendent
que nous terminions bien proprement notre bouteille
et que nous la rapportions au stand afin de pouvoir
partir. Confirmation car dès les bouteilles posées,
le "Nous rentrons ?", qui tient plus de l'invitation
à les suivre que de la question, retentit. Pourquoi
ne pas nous dire plus tôt qu'ils voulaient rentrer
? Mais surtout, quel dommage d'aller à une fête
d'école si c'est pour ne pas en profiter. La
créativité et la langueur ont peu de place
dans le quotidien japonais ! La
suite
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